Le street art pour les nuls

publié le jeudi 11 septembre 2014 à 12:37
Projet Djerbahood - Photo : Facebook Djerbahood - Roa ©Aline Deschamps - Galerie Itinerrance

Projet Djerbahood – Photo : Facebook Djerbahood – Roa ©Aline Deschamps – Galerie Itinerrance

Il est partout. Sur nos télés, à la radio, dans les galeries, les musées, les discussions. Et sur les murs, berceaux bétonnés de ses oeuvres, essence même de son nom. Street art, ou l’art de s’emparer des villes bombe/crayon/pinceau à la main. S’il fait un boom dans notre société contemporaine, il n’est pourtant pas tout neuf. Voire bien âgé. La preuve.

Dans sa forme la plus ancienne, les historiens rapportent la naissance du street art aux peintures rupestres d’il y a 40 millions d’années ou les fresques murales de Pompéi (1er siècle après J.-C.) et de la Grèce Antique. Dans celle qu’on lui associe aujourd’hui, c’est dans les années 50 que le street art est apparu. Plus qu’un simple support esthétique, c’est d’abord aux revendications des mécontents que l’espace public à dédié malgré lui ses murs. 

Banksy - Photo : getty

Banksy – Photo : getty

60’s : en plein mouvement libertaire, tous les moyens d’expression sont bons. Faites l’amour, pas la guerre, sortez les bombes aérosol, pas les autres. Dans un élan pacifiste de protestation, la plèbe en colère s’empare des murs des villes pour faire passer ses messages et les exposer à la vue de tout un chacun, en Europe et ailleurs. Illégal et transgressif quoiqu’inoffensif et facile, le graffiti passe de main en main, de ville en ville, pour mieux s’asseoir dans la culture hip-hop aux Etats-Unis et rock au Royaume-Uni. Des revendications sociétales, il passe ainsi aux revendications communautaires et autres expressions personnelles. Les uns parlent, les autres apposent leur signature pour montrer qu’ils sont là, appartiennent à tel quartier et sont fiers d’en être. Pères du tag, ceux-là mêmes sont vite rattrapés par le besoin des autres d’aller plus loin.

5 Pointz - Photo : Eco84

5 Pointz – Photo : Eco84

Les dessins remplacent les mots, l’esthétisme remplace la colère, l’art remplace le message ou s’y associe. Et au street art de naître. Plus que des signatures, ce sont des noms qui apparaissent. Ceux de Banksy, Obey, Blek le rat, Shephard Fairey et plein d’autres dont la patte est venue sortir l’art de rue de l’illégalité pour mieux le faire entrer dans la légalité, le marché, et l’exploitation purement esthétique. Aujourd’hui, le street art se vend et est encouragé par certaines villes plutôt que rejeté de l’espace public, s’expose paradoxalement dans les galeries, s’imprime sur les vêtements, s’incruste dans les magasins de déco, on en passe et des plus populaires… Street art, vous avez dit street art ?

 

 

 

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