Tendances

Les prévisions déco par le bureau de tendances Li Edelkoort

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La mode répond à des codes bien précis. Les tendances ne sont pas juste l’expression d’un grand manie-tout de la mode. Pour les connaître et les apprivoiser, les marques font appel à un bureau de tendances qui a pour but de trouver les aspirations de demain. Le BHV eu l’honneur d’investir l’un des bureaux les plus réputé au monde, celui de Li Edelkoort. Philip Fimmano, le bras droit de Li, nous a reçu et expliqué en quoi consistait son travail et quelle allait être la tendance déco de demain. A cette occasion, Li et Philip ont décidé de mettre en place l’exposition Moba : Fetishism in Fashion, qui aura lieu du 8 juin au 13 juillet 2013 à Arnherm aux Pays-Bas. Rencontre.

Vous êtes l’un des chasseurs de tendances les plus respecté au monde. En quoi consiste ce métier?

C’est un métier qui suit les changements et l’évolution de la société pour faire la connexion avec la mode, le design, la nourriture, la cosmétique, le transport… C’est surtout de la sociologie en fait.

Quel est votre particularité dans la profession ?

Li Edelkoort est dans le métier depuis 30 ans. Elle a un grand respect de la mode et met en valeur le travail des tisseurs, ce qui n’avait jamais été fait. Elle met aussi en place des expositions multimédia sur des matières, des couleurs, des forums de tendances… Elle prend des risques et est toujours avant-garde. Ce que l’on fait est très esthétique, mais nos clients sont aussi des supermarchés. Ce n’est pas que du haut-de-gamme.

Comment faites-vous pour savoir ce que l’on portera demain ?

On fait un peu comme un archéologue qui trouve des éléments d’informations partout dans le monde. On réunit toutes les informations pour créer l’idée d’une tendance. C’est plus une question de chercher le bon moment pour parler de quelque chose. En général on travail sur une tendance 2 ans avant. En ce moment, on travaille sur l’été 2015.

Pour vous, la tendance de demain c’est le fétichisme, en quoi cela consiste ?

Il y a deux camps dans le fétichisme, on en a un sexuel et sensuel, plus lié à notre enfance, à nos comportements, nos gestes, qui sont là depuis le début ; et un côté shamanique qui est lié à quelque chose qui dure depuis des siècles : nos instincts et nos besoins comme être humain de s’embellir et de séduire. On trouve aussi de l’animisme, du spiritualisme et le fait d’être lié à quelque chose. L’exposition Moba va développer ces camps en montrant leurs expressions dans les vêtements. C’est très créatif, expérimental et sculptural. Il y a un retour important du volume dans la mode, comme le design.

Comment le fétichisme s’est démocratisé ?

J’ai discuté avec Bettony Vernon qui vient de sortir son livre La bible du boudoir. C’est une anthropologue du sexe, elle pense que c’est parce que le rôle de la femme a changé. En 90 elles sont devenus très féminines voir même trop. Elles avaient un peu perdu leur libérté sexuelle. Autour de 2000 est apparue l’amazone, une femme plus dépendante avec plus de pouvoir et beaucoup plus engagée à définir les règles pour elle-même. Elle n’avait plus besoin de porter des talons comme dans Sex and The city mais s’est mise aux ballerines. Cette génération est aussi un peu nostalgique des choses d’antant, des années 20 à 50. Elle cherchait avec cette nouvelle identité la beauté de la féminité d’avant. Les espaces féminins sont devenus très important. Le burlesque les a aussi inspiré à jouer ce rôle de fille un peu plus libérée. La journée elle n’avait pas besoin d’en faire trop, mais le soir elle se permet certaines excentricités.

Le fétichisme va-t-il décorer nos maisons ?

Ce sera surtout des objets de décorations avec, par exemple, des chaises qui auront des queues d’animaux. Les gris-gris et les petits accessoires d’intérieur vont aussi s’y mettre, comme les franges que l’on pose sur une poignet de porte ou les rideaux.

Si en vêtements on utilise le cuir, le vinyle et le latex, quels sont les matériaux de prédilection dans la maison ?

Ce sera surtout des matières sauvages comme avec Pepe Heykoop. Les frères Campana sont aussi très fétichistes et font des fauteuils avec l’usage des matières naturelles comme des mauvaises herbes. Le bois, le cuir et le métal sont très importants. Les matières recyclées seront aussi présentes comme le papier et le carton.

Quelles sont les couleurs qui vont habiller nos murs ?

La présence du noir est très importante, mat ou laquée. L’intérieur peut être très gothique mais aussi plus shamanique, avec des bois aux murs.

Pour en savoir plus, rendez-vous à MoBA 13 : Fetishism in Fashion

Arnhem, du 8 juin au 21 juillet, 2013

ou sur les sites :

www.moba.nu

www.fetishishminfashion.com

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