Le Paris de… Margaux du blog « A Ma Sauce »

publié le mercredi 11 décembre 2013 à 18:49

MARGAUX

« Critiques gastronomiques décrispées de la plume », c’est ainsi que cette jeune et jolie gourmande a sous-titré son blog. Parce que le journalisme culinaire se noie dans l’académisme, la gastronomie dans la rigueur et le plaisir dans le snobisme. Et à Margaux d’y apporter son coup de fouet en 2012. Elle cuisine, goûte les plats, teste les restos, s’inspire de ses voyages, mélange le tout et sert son festin sur A ma sauce, un blog qui sent bon le talent et respire la fraîcheur. Aussi pétillante dans l’écriture que dans la vie, c’est avec passion et humour que la jeune femme nous a parlé du Paris qui anime son quotidien.

 

D’une façon générale, qu’est-ce que la ville de Paris t’évoque ?

Déjà, je suis sûre que Paris est une femme. Un genre de Diane Kruger, froide et sublime. Paris, c’est aussi la maison : cette ville qui, malgré mes tentatives de la quitter, a toujours fini par me manquer… Et me ré-attirer pragmatiquement entre ses filets, la coquine.

A quoi ressemble une journée typiquement parisienne ?

Forcément, j’aimerais être aussi inspirée qu’Apollinaire devant le Pont Mirabeau. Si pour la plupart des parisiens, elle rime avec un métro/boulot/dodo mal assumé, de mon côté c’est plutôt marché/crapahutage à pied/resto/boulot/vélo. Et pas trop de dodo. Mes journées ne se ressemblent jamais, elles me ressemblent à moi. Et c’est ça qui me plait, je crois.

Qu’est-ce que tu fais à Paris que tu ne pourrais pas faire ailleurs ?

Traverser la ville entière pour un phô ou de la burrata, enchaîner trois déjeuners la même journée, courir le long des quais de Seine et faire tomber mon Ipod dans l’eau parce que je louche sur le Pont Alexandre III, me faire enlever des points sur mon permis B en roulant en vélib. Aimer et abhorrer à la fois.

Quel est ton restaurant fétiche ?

Cela dépend du moment, de mes envies, et de mes compagnons de repas. Mais il y a un endroit qui ne me déçoit jamais : c’est Rech, un restaurant de poissons Ducasse à l’esprit beach house avenue des Ternes. La cuisine d’Adrien Trouilloud m’émoustille à chaque fois; et Eric Mercier, le directeur de salle, a une tchatche digne d’un Luchini version gastronomique.

Ton bar fétiche ?

J’adore le Comptoir Général, quai de Jemmapes : ce sentiment d’être à la fois dans la jungle d’Amazonie, aux Puces et chez Mémé, ça me fait kiffer. Et en plus, les cocktails sont bios et bien chargés !

Quels sont tes quartiers favoris ? Pourquoi ?

Je suis folle des Batignolles et du Marais. Je ne me lasse jamais d’y flâner. C’est un feeling, un truc qui se dégage dans l’air et qui me plaît – couplé au fait qu’il est rare de s’y balader sans tomber sur une nouvelle échoppe cool et fraîchement installée. L’une des plus grandes forces de cette ville est à mon sens la possibilité de pouvoir y voyager intramuros. J’aime me dire que mon Paris préféré est celui que je ne connais pas encore.

As-tu une anecdote concernant ta vie parisienne ?

Récemment, je discutais avec une mignonne petite mamie sur le quai du Métro. Il était 19 heures, le train arrive, bondé. On se dit qu’on prendra le prochain, qu’on n’est pas pressées. Et là, la conductrice nous ouvre la porte de son petit wagon privé, en nous proposant de monter à ses côtés. Elle nous a appris à conduire, nous a montré des petits points de repère, planqués entre les stations. J’avais l’impression d’être dans un jeu vidéo.

Y a-t-il une chose que tu détestes particulièrement à Paris ?

Conduire ! Je change littéralement de personnalité au volant. Je me mute en un genre de sorcière Disney hystéro, c’est assez flippant.

A quoi ressemble le parisien typique selon toi ?

A un mec blasé, pas très avenant, excédé des prix, de l’effervescence et des crottes de chiens. Un mec qui rêve sa vie mais ne vit pas ses rêves, trouvant son réconfort à l’heure de l’apéro en terrasse avec clope, planche de charcut’ et verre de vin. Mais c’est nul de mettre les gens dans des cases. Surtout que je les aime, les parigots.

Si tu devais citer une parisienne célèbre ?

Cette coquine de George Sand, avec qui j’aurais rêvé de prendre le thé pour qu’elle m’explique ça.

Un parisien ?

Gainsbourg, direct. Enfin non, Gainsbarre.

Si tu devais associer Paris à un film ?

L’Aile ou la Cuisse.

Une chanson ?

«Je t’aime moi non plus.»

Un plat ?

Le Croque-Madame.

Un moment de la journée ?

Le dîner.

Un art ?

L’art de la table.

Une odeur ?

Ma préférée : celle du poulet rôti.

Un sentiment ?

La faim.

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