Atelier Bricolage du BHV MARAIS : comment rénover un meuble ?

publié le lundi 12 mai 2014 à 10:51

Alors que LE BHV MARAIS organise tous les mercredis des ateliers bricolage au sous-sol du grand magasin (les modalités et le programme sont à retrouver ici), découvrez tout sur l’art de rénover guéridon, établis, bureaux d’écolier et autres tables basses. Aujourd’hui, master class avec Jean, professionnel aguerri et spécialiste du bois. 

 

MATÉRIEL :

– Une blouse
– Des gants de bricolage
– Des lunettes de protection contre la poussière
– Un masque (en cas d’utilisation de produits chimiques)
– Une bâche pour protéger vos sols en cas de rénovation en intérieur

© BHV

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ÉVALUER :

1. Le style du meuble à rénover : est-ce un guéridon Louis Philippe ? Est-ce en marqueterie (plaquettes de bois assemblées en volutes) ou en plaquage (même technique mais en angles uniquement) ?

2. Les différentes essences de bois auxquelles vous aurez affaire, pour mieux les rénover. Voici une rapide classification :

Le bois massif est le plus qualitatif mais peut avoir tendance à gonfler ou à rétrécir selon l’humidité. Dans ce cas il faut toujours bien vérifier les fluctuations hygrométriques (l’humidité de l’air) avant de commencer et laisser en prévision plus ou moins de jeu dans la structure du meuble pour prévenir le gonflement du bois.

Le contreplaqué (composé de trois couches de bois) est pour sa part plus costaud que le bois massif à épaisseur égale. Il est très utilisé pour les avions, bateaux, ou les ponts.

– Le bois panneauté dit « faux-massif ».

Le bois latté, qui est épais mais très léger, est souvent utilisé pour les étagères.

Le bois aggloméré, composé de copeaux amassés, est souvent mélaminé (enserré entre deux plaques en pétrole).

Le bois médium ou MDF, qui est haché plus finement que l’aggloméré.

3. Les finissions déjà effectuées : y a-t-il du vernis ou de la peinture, auquel cas les finitions ne sont que superficielles. Ou le meuble a-t-il été entretenu à l’huile ou à la cire, qui vont beaucoup plus en profondeur? Cette identification permet d’adapter sa technique de rénovation : dans un cas, il suffit de gratter en surface tandis que dans l’autre il faut chercher d’autres solutions.

4. Les ornements et les accessoires : qu’est-ce qui vient de rajouter au bois, du cuir, des ferrures ou du tissu ? Cela peut importer notamment dans le cas d’un siège : le temps de rénover peut tripler s’il faut déclouter le revêtement.

 

© BHV

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DÉCAPER :

Avant toute chose, il faut savoir si l’on souhaite décaper en surface ou en profondeur. Voici les différentes manières de décaper en fonction de l’intensité souhaitée.

1. Le papier de verre : il existe différentes forces abrasives pour décaper : tout dépend du grain choisi pour le papier de verre. Il est préférable de commencer avec un grain fort à moyen (de 40 à 80) et de finir avec un grain fin à extra-fin (commencent à partir de 120). Attention également à ne jamais poncer à mains nues, sinon on voit ensuite la trace des doigts dans le bois. Il est préférable d’enrouler le papier de verre autour d’une petite cale en bois. Et en ce qui concerne le bois massif, il faut toujours poncer dans le fil du bois (dans le sens des veines).

2. Le décapage mécanique : il existe différentes tailles de ponceuses mécaniques : les formats « main » permettent d’aller dans les angles, et de poncer les petites surfaces. Les ponceuses orbitales ou excentriques permettent pour leur part de décaper des surfaces plus grandes.

3. Le décapage thermique : si la zone à décaper est très épaisse (comme de vieux volets qui ont déjà eu 3 ou 4 couches de peinture, ou des parties métalliques), certains appareils peuvent chauffer jusqu’à 600°C et littéralement brûler la surface qui va se mettre à perler. Il suffit ensuite de gratter avec une spatule.

4. Le décapage chimique : idéal pour dévernir, décirer ou pour enlever des tâches en profondeur (comme du vin), ces décapants que l’on retrouve souvent sous forme de gel se posent 20 à 30 minutes avant de rincer à l’eau chaude et de gratter avec une brosse en nylon.

 

RÉPARER :

1. Remplacer : Il est toujours possible de changer une seule partie d’un meuble s’il est abîmé. Il existe pour cela plusieurs outils, comme des serre-joints, permettant d’écarter les pieds d’une chaise ou d’un porte-vêtement pour en changer un barreau cassé.

2. Rénover : si le bois est abîmé, on peut tout à fait couper la partie endommagée et la remplacer par une autre du même bois.

3. Rafistoler : il existe également la pâte à bois, qui sert pour les petites retouches uniquement, car elle ne permet pas de conserver les rainures et la teinte du bois.

 

© BHV

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LA TOUCHE FINALE :

1. Le traitement : si vous constater des traces de poudre blanche en bas d’un meuble, il faut immédiatement intervenir. Cela signifie qu’il y a des thermites qui peuvent potentiellement s’attaquer à vos autres meubles et même à votre parquet. Il faut donc isoler le meuble et le décaper. Pour cela, il y a deux manières : soit le badigeonner de xylophène (en mettant 2 couches à 24 heures d’écart, attention, si le meuble est vernis, mettre le produit à l’intérieur, là où il n’y a pas eu de vernis qui empêche le produit de pénétrer dans le bois), soit en utilisant le système de piqûres (mais qui est parfois trop localisé).

2. Le vernissage : avant de vernir un meuble, il convient de savoir si le meuble a déjà été traité ou non. Pour cela il existe un test très simple: celui de la goutte d’eau permettant de savoir si la surface est trop dure ou trop poreuse. Il suffit de jeter une goutte à la surface du meuble : si elle est absorbée (effet buvard) c’est que la surface est trop poreuse. Pour contrer cela, il existe les produits « bouche-pores » (également appelés « fond dur » ou « gesso ») à appliquer avant de vernir. En revanche, si la goutte d’eau perle et coule, c’est que le meuble a été traité. Pour les bois éventuellement trop durs, il existe également des enduits d’accrochage permettant à la peinture de bien tenir.

3. Le cirage : attention à bien saturer le bois progressivement, selon la technique du « fondu ».

4. La peinture : on peut obtenir différents effets avec la peinture : elle peut être craquelée ou essuyée (effet patine) qui s’obtient en mettant une première couche de peinture plus foncée que l’on recouvre imparfaitement d’une couche de peinture plus claire. On peut également employer la technique dite de « la céruse » qui consiste à ouvrir les veines tendres du bois avec une brosse en paille de fer.

5. La laque : les puristes pourront également réaliser une laque. Les vraies laques comportent 7 à 10 couches tandis que de « fausses laques » n’en comportent que 3.

Bon bricolage !

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