Street art : l’interview de Mosko et associés

publié le vendredi 19 septembre 2014 à 16:53

mosko et

Du 3 au 27 septembre, avec la participation de la marque Amsterdam by Royal Talens, LE BHV MARAIS se pare des couleurs du street art. Pour l’aider dans cette jolie tâche, les artistes JeanJerome, Anis, Mosko & associés et Jérôme Mesnager ont accepté de donner de leur talent à l’Observatoire du magasin et à ses alentours. Roi de l’art urbain made in savane, c’est en plein travail que Mosko a accepté de répondre à nos questions. 

Pouvez-vous nous raconter votre première oeuvre urbaine ?

C’était en 1989, dans un quartier qui s’appelle la Moskova – d’où le nom mosko – dans le 18ème arrondissement de Paris. C’était un zèbre qui était à peu près grandeur nature.

Pourquoi avoir choisi de peindre des animaux ?

Il y avait déjà de la végétation qui passait par-dessus les palissades, j’ai trouvé qu’il était intéressant d’amener de l’animalité dans la ville. Il y avait déjà la flore, j’y ai allié la faune.

N’avez-vous jamais eu envie de changer de thématique ?

Ma thématique est restée la même parce que le sujet est vaste et qu’il a un côté fédérateur. Il parle à tout le monde, au-delà des âges, des origines sociales ou ethniques. Comme je considère qu’intervenir dans la rue impose un certain respect des gens qui voient les œuvres, l’idée de donner un aspect consensuel à mon travail me plaisait.

mosko

Pourquoi avoir commencé dans la rue ?

Peindre dans la rue était considéré comme un acte militant, et ce d’autant plus que le quartier était dédié à la démolition. Le murage donnait un côté un peu mortifère à l’environnement, j’ai souhaité l’égayer avec de la couleur, des animaux, une proposition artistique entre la période de destruction et de renouveau.

Comment choisissez-vous les lieux ou vous intervenez ?              

Certains disent que ce sont les lieux qui nous choisissent. Je ne peins pas derrière les portes, j’aime que ça se voie. C’est un acte gratuit, mais qui en même temps se veut libéré. Je peins la journée, le plus souvent sans autorisation – même si je suis de plus en plus invité à le faire. Je considérais important d’égayer mon environnement à mes débuts, et il m’a semblé important ensuite de partager tout ça avec les gens comme moi, qui ont vécu dans des quartiers en jachère pendant des années. J’ai eu un excellent retour, les gens ont été enthousiastes. Ils s’approprient les œuvres, savent que c’est pour eux et me remercient. Il leur arrive même de me disputer de ne pas être venu plus tôt.

Que pensez-vous de l’arrivée du street art dans les galeries d’art ?

Ce n’est pas si paradoxal, c’est un courant artistique. Qu’il soit récupéré par le marché de l’art ne me dérange pas. J’ai toujours été salarié donc je n’ai jamais eu besoin de vivre de ma peinture. En même temps, le fait d’être invité dans les galeries, que les gens s’intéressent aux œuvres au point de les acheter est une reconnaissance en tant qu’artiste donc ça ne me gène pas. Je ne me sens pas dans la trahison, je ne vais pas m’arrêter de faire de la peinture de rue une fois arrivé dans une galerie.

D’où vient ce boom du street art que notre société connaît aujourd’hui ?

Déjà, on n’était pas très nombreux au début, le mouvement s’est amplifié. Il n’y a pas un continent où l’art urbain n’existe pas. C’est un art séduisant à plus d’un titre. Du côté des artistes parce que le street art est dépourvu de contraintes. Et du côté des gens qui le voient parce qu’ils ressentent l’acte de liberté que ça représente. Après il y a aussi des générations qui sont venues s’accumuler avec des nouvelles propositions ou approches. Tout ça est exponentiel, il faut voir si on doit céder au chant des sirènes.

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