Street art : l’interview d’Anis

publié le mercredi 17 septembre 2014 à 12:59

anis

Du 3 au 27 septembre, LE BHV MARAIS, avec la participation de la marque Amsterdam by Royal Talens, se mue en temple du street art. Aux commandes de ce mois coloré, les artistes JeanJerome, Anis, Mosko & associés et Jérôme Mesnager ont prêté leur patte au magasin pour mieux emplir l’Observatoire de leurs oeuvres et animer ses alentours. Adepte d’un graff à l’univers végétal et coloré, l’artiste Anis a accepté de nous en dire plus sur son art. 

Pouvez-vous nous raconter votre premier tag ?

C’était sur un mur de ma ville, à Meudon. Ça a fait suite à un stage que j’avais fait dans un skate shop en troisième. Des mecs rapportaient tout le temps des photos de leurs graffs, ça m’a donné envie, et j’ai commencé.

Pourquoi avoir choisi le street art plus qu’une autre forme d’art ?

C’était la seule chose que je me voyais faire. Je ne suis pas venu dans le street art via l’art, mais directement via le graff.

Comment choisissez-vous les lieux ou vous intervenez ?

Je travaille beaucoup dans les friches industrielles. J’aime les murs assez décrépis, sales, qui ont un peu d’histoire et apportent un décors particulier à la peinture fraîche. Je me sers de l’environnement.

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Où est-ce que vous tirez votre inspiration ?

Dans la nature. J’adore faire des fleurs, des arbres, même mes graffs ressemblent à des plantes. J’aime aussi tout ce qui est enfantin. J’ai l’habitude d’ajouter des petits personnages, très naïfs et heureux à mes oeuvres.

Que pensez-vous de l’arrivée du street art dans les galeries d’art ?

Je suis classé comme street artiste mais je considère plus que je fais de la peinture issue de l’art urbain. Même si mon travail évolue dans la rue, ça reste de la peinture. Après, si quelqu’un passe des murs aux toiles, l’appellation street art n’a plus vraiment de sens.

 Que pensez-vous du boom du street art qui a lieu depuis quelques mois ?

Ça fait 40 ans que la peinture contemporaine est abstraite, je pense que les gens en ont marre. Les street artistes font des choses assez figuratives, qui représentent la société. Les gens se reconnaissent un peu dedans. Beaucoup de personnes préfèrent regarder une panthère de Mosko que des giclées de coulures ou des ensembles abstraits qui ont un sens que personne ne peut comprendre. Le street art est plus simple, plus lisible, moins issu de la pensée. C’est un art très populaire, moins élitiste, qui parle à plus de monde.

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