Rencontre avec Soizic Mouton, illustratrice du catalogue jouet de Noël du BHV MARAIS

publié le jeudi 07 novembre 2013 à 09:00

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Fantaisistes, drôles et attachants, tels sont les personnages qui prennent régulièrement vie sous le crayon de Soizic Mouton. Parce qu’elle avoue malicieusement ne pas avoir totalement quitté leur monde, cette illustratrice de 24 ans dédie ses dessins aux enfants qui habitent désormais le sien. Chargée de la douce et régressive mission d’illustrer le catalogue de Noël du BHV MARAIS, c’est enthousiasme dans la voix et sourire aux lèvres que la jeune femme a accepté de nous parler de son univers et de cette jolie collaboration.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de dessiner ?
C’était une évidence pour moi. J’étais une petite collégienne modèle, prête à faire de grandes études générales et j’ai dit non. Ça a un peu fait peur à ma famille mais je voulais vraiment faire une école d’art. Une fois commencées mes études dans ce domaine, j’ai compris que j’avais fait le bon choix.

Comment en es-tu venue à exercer le métier d’illustratrice ?
J’ai toujours été attachée aux enfants, le métier d’illustratrice s’est imposé très tôt. Je crois aussi que je suis restée une grande gamine, je continue d’apprécier ce qui se fait dans la littérature jeunesse. J’ai aujourd’hui envie de participer à cet univers qui m’a marquée quand j’étais petite.

Tu as un univers bien à toi, comment celui-ci s’est-il construit ?
C’est quelque chose d’assez laborieux. Quand on fait des études d’art, on se compare vite aux autres élèves dont l’univers est très construit. J’ai toujours eu l’impression que le mien était moins marqué, ce sentiment de faire des choses qui ne me ressemblent pas forcément. Je me pose toujours la question de savoir ce que j’aime faire, ce que j’ai envie de faire, ce que les gens veulent. N’ayant pas de recul sur mon travail, je comprends vraiment qu’il colle à ce que je suis en écoutant les critiques des gens autour de moi.

Quelles caractéristiques doit avoir un dessin pour te ressembler ?
Mon travail est toujours empreint des références que j’ai accumulées tout au long de ma vie, de ce que je regarde ou qui me plait chez les autres. J’adore regarder les gens, leur attitude, leur gestuelle, c’est pour ça que je dessine toujours des bonhommes et pas des paysages. C’est quelque chose qui fait partie de l’identité même de mon travail. J’ai aussi un regard assez gentil sur les personnes que j’observe donc mon dessin est plutôt léger et rigolo. Il n’est pas acide et ne touche jamais à la caricature.

Où puises-tu ton inspiration ?
Il y a de grands illustrateurs dont j’admire le travail comme Sempé ou Ronald Searle. J’ai aussi des références dans le Japon, la littérature jeunesse, le dessin animé. Et surtout, quand j’étais petite on ne m’a pas appris à dessiner mais à regarder.  « Regarde » est peut-être le mot que j’ai le plus entendu. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai toujours la tête en l’air dans le métro, je n’ai pas d’ipod, ne fais rien de particulier si ce n’est observer les gens.

Pourquoi t’es-tu dirigée vers un public d’enfant ?
J‘aime avoir à créer un univers pour ce public, qui est lui même en pleine construction. Ça vient aussi du fait que l’illustration destinée aux adultes, en France du moins, passe souvent par des choses underground, un peu trash, qui s’éloignent beaucoup de ce que j’ai envie de faire. Je ne me sens pas les épaules pour partir en bataille contre ça pour l’instant. Je suis quelqu’un d’assez positif en général, je ne parle pas de peur ni d’angoisse et me concentre sur les choses joyeuses.

Une façon de penser idéale lorsqu’il s’agit d’illustrer un catalogue de Noël…
Exactement, j’ai dit oui tout de suite. Le catalogue de Noël est quelque chose qu’on a tous attendu quand on était petit. Regarder les images, les cadeaux, les comparer… J’ai juste pu constater que mes dessins étaient un peu en décalage avec les jouets d’aujourd’hui qui ont beaucoup évolué. J’ai gardé une image de l’enfance un peu vieillotte. Le catalogue a beau être l’emblème de la tournure commerciale empruntée par Noël de nos jours, je ne le vois pas du tout comme ça. Les images qu’on peut y trouver et le 25 décembre continuent de me faire rêver !

Y a-t-il un jouet qu’on t’a offert dont tu te souviens en particulier ?
J’étais fascinée par les Barbies, je n’ai quasiment eu que ça. J’avais des boîtes dans lesquelles je rangeais les vêtements catégorie par catégorie, je n’ai même jamais voulu que mes cousines y touchent…

Si on te donnait carte blanche dans le rayon jouets du BHV MARAIS aujourd’hui, vers quoi te dirigerais-tu ?
J’irai vers les peluches, j’en suis restée dingue. Contrairement aux Barbies, – et heureusement – j’en ai encore beaucoup chez moi !

Découvrez tout l’univers de Soizic sur sa page Facebook.

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